Revue de presse

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Benoist_1er
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Re: Revue de presse

Message non lupar Benoist_1er » 02 Juin 2021, 19:37:12

Bonjour, c'est un peu HS mais la question sur la quantification ou non de la vie/santé me fait penser à quelque chose que j'ai découvert récemment : la "vision zéro" https://fr.wikipedia.org/wiki/Vision_Zero
Le projet concerne exclusivement la sécurité routière. La théorie est la suivante et n'est pas cantonnable uniquement à la sécurité routière :

Un principe au cœur de la vision est que « la vie et la santé ne sont pas échangeables contre d'autres avantages à l'intérieur d'une société », au lieu du conventionnel rapport entre coûts et bénéfices, où une valeur monétaire est donnée à la vie et à la santé, afin d'être utilisée pour décider de la quantité d'argent à dépenser sur un réseau routier en fonction du gain à escompter de chaque diminution du risque.
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amaury
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Re: Tous à 30 mn maxi : l'hypothèse de la ville cohérente

Message non lupar amaury » 11 Juin 2021, 20:53:08

Tous à 30 minutes maximum de son emploi : l’hypothèse de la "ville cohérente"
Par Jean-Pierre Orfeuil (Urbaniste)
27 Mars 2017

Comment réduire à 30 minutes maximum la distance domicile-travail ? Quelles sont les transformations à effectuer, les difficultés à surmonter ? Jean-Pierre Orfeuil, spécialiste des mobilités urbaines, nous parle des conclusions de son étude menée en Ile-de-France pour la transformer en « ville cohérente ».[...]
J'ai un problème avec ce raisonnement parce qu'un des faits importants de ces 30 dernières années, c'est la dissociation qui ne fait que s'accentuer entre la localisation résidentielle et le travail. Si c'est le cas, ce n'est pas lié à une volonté nouvelle des Français mais l'accumulation de plusieurs facteurs dont les tensions sur le marché de l'emploi qui amènent, entre autre, à rester moins longtemps sur un poste donc à devoir potentiellement se déplacer plus loin pour trouver un autre poste et ne pas partir du principe qu'on va forcément déménager pour se rapprocher du poste en question à la fois parce que dans un couple, souvent les deux travaillent et qu'il est déjà pas forcément évident de trouver à côté l'un de l'autre et que si le prochain changement de poste est rapide alors on va pas déménager "tous les quatre matins". Ces dynamiques ne sont pas du ressort des élus locaux. Et avant qu'une politique nationale ne puisse les faire changer, il faudrait très longtemps !

A côté de ça, depuis très longtemps, on crée des "zones d'emploi". Basées sur la logique de séparation fonctionnelle et d'urbanisation extensive, pensées comme un moyen de faire venir des emplois en faisant participer la collectivité mais pas trop, on ne cesse de créer des emplois qui ne sont pas accessibles autrement qu'en voiture. ça se passe tant dans la localisation des emplois que dans la structuration de l'établissement sur site. Le résultat, c'est que "pas de voiture = pas de salut". Quand ça se double d'horaires décalés, ça entraine des entreprises qui ne trouvent pas d'employés... et se tournent vers la collectivité pour qu'elle trouve des solutions ! Et c'est parti pour du transport à la demande et tout bouillonnement intellectuel cherchant à compenser le problème structurel. :-\ Évidemment, ce phénomène ne vient qu'amplifier le premier.

Constatant les difficultés, un peu stimulés par les Gilets jaunes, de nombreux élus voient là un moyen de défendre les positions qu'ils avaient, de toute façon, déjà par le passé. Le discours s'adapte. Avant, il fallait des emplois pour récupérer de la taxe professionnelle. Maintenant, il faut des emplois pour "rapprocher les gens du travail" (et inversement). C'est la même politique qu'avant, ça se traduit de la même manière qu'avant (zones d'emploi...) mais ce n'est plus, sur le principe, pour les mêmes raisons. En revanche, évidemment, le résultat est le même... Mêmes causes, mêmes effets...

En effet, lorsque les emplois sont concentrés dans les centres-villes, c'est là que la part modale des TC et modes actifs pour aller travailler est la plus importante. Les TC ne sont attractifs que quand ils sont compétitifs par rapport à la VP. Ils ne le sont que lorsque le stationnement est compliqué et la congestion routière handicapante. Ces conditions n'existent pas dans les zones d'emploi. Les TC, lorsqu'ils existent, n'y sont jamais attractifs. C'est la logique du panier percé. En dehors des captifs, personne ne les prend. Par définition, les modes actifs ne sont attractifs que lorsque les distances le permettent... et lorsqu'ils sont compétitifs avec la VP. La compétitivité avec la VP est donc bien l'élément déterminant. Or, dans les zones d'emploi, RIEN n'est compétitif par rapport à la VP.

Du coup, "rapprocher les emplois des habitations" ou, son pendant, "arrêter de concentrer les emplois dans les métropoles", dans la pratique, c'est alimenter des trajets domicile - travail 100% VP. Là, je commence à m'interroger. Et c'est là que vient Jean-Pierre Orfeuil. C'est un chercheur, certes. Mais pas n'importe quel chercheur ! Frédéric Héran (autre chercheur) l'évoque en ces termes dans un article universitaire :
F. Héran dans "Vers des politiques de déplacements urbains plus cohérentes" a écrit :En pratique, beaucoup d’élus développent un discours rassembleur en considérant qu’« il ne faut pas opposer les modes de déplacement », ni « stigmatiser » ou « culpabiliser » les automobilistes en leur « faisant la morale », que « les divers modes sont complémentaires » et qu’il suffit de trouver leur « domaine de pertinence ». Entérinant ce discours, certains chercheurs considèrent ouvertement qu’il n’y a pas d’alternative réelle à l’automobile hors des zones denses des grandes villes (Paul-Dubois-Taine, 2010 ; Buhler, 2015 ; Masboungi, 2015 ; Flonneau et Orfeuil, 2016).

[...]Conclusion similaire pour Mathieu Flonneau et Jean-Pierre Orfeuil qui constatent, nombreuses données à l’appui, que la voiture est utilisée massivement hors des zones agglomérées denses, qu’elle pollue de moins en moins (le livre a été écrit avant le scandale Volkswagen et ses développements) et qu’il convient donc d’encourager son usage (Flonneau et Orfeuil, 2016).

[...]Parmi les modes de déplacement, il se trouve que l’automobile est de loin celui qui génère le plus d’externalités négatives par personne transportée. Ce n’est pas un jugement de valeur mais un simple constat. L’objectif n’est pas de « stigmatiser » les automobilistes ou de les « culpabiliser » en leur tenant un discours « moralisateur » (Flonneau et Orfeuil, p. 14 et 137), mais de rendre compte d’une réalité de façon à la fois précise et pédagogique. C’est d’ailleurs une responsabilité éminente de la recherche académique, des organismes publics tels que l’ADEME ou le CEREMA et de certaines associations.
Source = https://journals.openedition.org/norois/6242

J.-P. Orfeuil a aussi coécrit avec M. Flonneau "Vive l'automobilisme ! (2) Pourquoi il faut défendre la route". Un extrait :
Oui, les circulations routières produisent des effets négatifs, mais les estimations de leurs coûts sont surévaluées, et ces coûts sont pour l’essentiel supportés par les automobilistes eux-mêmes, et pas par la société.
Source = http://www.fondapol.org/etude/mathieu-f ... -la-route/

On croirait lire un communiqué de "40 millions d'automobilistes" mais non. Ce sont deux chercheurs français... ça fait parfaitement le lien avec l'autre article publié par Nanar qui rappelle que le coût de la voiture est pour la collectivité supérieur à ce que payent les automobilistes. Visiblement, pour ces deux chercheurs, "Quand on aime, on ne compte pas !"... ou alors, on devrait peut-être se référer à "l'amour rend aveugle!" ? :buck2:
A quand le retour des trolleys sur l'axe A2 ?!? Pourquoi attendre le TOP ??? En attendant, RDV sur les traces du FOL: http://folsaintjust.free.fr.
nim
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Re: Revue de presse

Message non lupar nim » 11 Juin 2021, 21:15:21

Bonjour Amaury,

Les effets du changement d’emploi sont beaucoup moins violents quand les emplois et les logements sont répartis le long de lignes de transport en commun lourdes. Dans ce cas le changement d’emploi peut se faire vers un employeur sur la même ligne à quelques stations d’écart, et tout le monde s’y retrouve

C’est l’hyper concentration et séparation des zones d’emploi, des zones d’habitation, des zones de revenu, qui fait qu’on peut valser d’est en ouest et du nord au sud, sans jamais habiter à côté, puisque le logement est de toute manière ailleurs, et qu’en plus les zones de logement sont segmentées par type de population.

Hors risques techniques spécifiques le zonage est une plaie, et même en cas de risques techniques concentrer les risques est peu judicieux. À force de jouer avec le feu on aura un AZF où l’usine d’à côté saute avec.

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